L’étude intitulée « Complexité économique et développement : Stratégies pour la diversification structurelle de l’économie marocaine », révèle que l’évolution des parts de l’emploi par secteur d’activité, montre une relative stagnation de la structure productive de l’économie marocaine. La part de l’emploi agricole dans l’emploi total a baissé de 4 points de pourcentage entre 1991 et 2018 pour atteindre 37%. À titre de comparaison, l’économie vietnamienne, dont la transformation structurelle est plus récente, employait les trois quarts de sa population active occupée dans le secteur agricole en 1991. En 2018, cette part a atteint 40% suite à une évolution rapide de l’emploi dans les secteurs de l’industrie (9% à 25%) et des services (16% à 35%).

Sur un autre registre, l’étude relève que  la structure des exportations du Maroc, quoiqu’en amélioration relative, affiche une évolution, dans l’ensemble, mitigée. La part des produits manufacturés de technologie moyenne a fortement progressé, passant de 9% en 2000 à 36% en 2016. Cette évolution est consécutive principalement à l’augmentation de la part des véhicules automobiles qui représentent près de 10% des exportations, en 2016, alors que cette part était quasi nulle, en 2000. Il en est de même pour ce qui est des câbles électriques dont la part a augmenté de 2% en 2000, à plus de 10 %, en 2016.

L’industrialisation : un défi à relever

S’agissant du secteur secondaire, le redéploiement compétitif de l’industrie marocaine, notamment au niveau des métiers mondiaux du Maroc, permettrait d’élargir la frontière de production pour rehausser autant la capacité de ce secteur à satisfaire le marché domestique que pour propulser davantage son offre exportable, indique la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).

Dans le but de réunir les conditions propices pour mieux relever, ces défis, l’impulsion du processus de transformation structurelle de l’économie marocaine s’avère, dès lors, nécessaire. Cette impulsion serait opportune pour diversifier les sources de création de la richesse nationale et en maximiser les retombées sur le plan social et territorial, précise la DEPF

Une nouvelle génération des métiers mondiaux du Maroc, axée sur des attributs de compétitivité immatérielle, devrait être promue pour asseoir l’industrialisation du pays sur des bases solides et pérennes, souligne l’étude, mettant l’accent sur la nécessité de promouvoir, entre autres, l’industrie culturelle et artistique au même titre que les secteurs fortement intensifs en savoir-faire traditionnel accumulé par le Maroc sur des générations.