Selon ce classement, publié récemment par le Forum économique mondial, l’ETI compare chaque année les pays quant à la performance de leurs systèmes énergétiques, ainsi qu’à leur préparation à la transition vers un avenir énergétique sûr, durable et fiable.

S’agissant de la performance de son système énergétique, la Tunisie a obtenu un score de 53% en 2020 contre 59% en 2019, alors que son score concernant le degré de préparation à la transition énergétique n’a reculé que de deux points, passant de 45% en 2019 à 43% en 2020.

Ce recul pourrait s’expliquer par la crise engendrée par la pandémie du coronavirus, qui a bloqué l’évolution de plusieurs projets et programmes non seulement en Tunisie, mais partout dans le monde, explique la même source.

Selon ce rapport de 52 pages, le rythme et l’élan de la transition énergétique sera potentiellement entravée par la pandémie de COVID-19.

« Les effets en cascade ont conduit à une dynamique sans précédent de la demande et à des chocs de prix, ainsi qu’à la réallocation des fonds et des investissements privés aux soins de santé, de la sécurité et la de continuité des activités », lit-on dans le rapport.

D’après le document, « alors que les mesures nécessaires doivent être prises pour protéger les vies et les moyens de subsistance, les risques pour l’avenir de la civilisation humaine et du changement du climat persistent, avec des leçons importantes à tirer ».

« La nouvelle Terre qui émergera après COVID-19 sera une -new normal- (expression qui fait référence aux changements du comportement humain après cette pandémie), mais de nombreux défis fondamentaux subsisteront », estime-t-il, relevant qu’il s’agit, entre autres, de l’impératif de travailler collectivement, vers une transition énergétique efficace et inclusive.

L’indice de transition énergétique s’appuie sur différents critères afin d’évaluer les degrés d’avancement de la transition dans les différents pays, via la mesure de la performance actuelle et la préparation de la transition énergétique.

Pour évaluer la performance d’un pays, l’indice est basé sur la sécurité et l’accès à l’énergie, la durabilité environnementale, la croissance et le développement économique.

Il s’appuie aussi sur la structure du système énergétique d’un pays, le capital et les investissements réalisés, la réglementation et l’engagement politique, les institutions et la gouvernance, les infrastructures et l’environnement business-innovation et la participation du grand public et les ressources humaines.

Sur le plan international, 94 pays ont amélioré leur score composite ETI, au cours des six dernières années. Ces pays représentent plus de 70% de la population mondiale et également 70% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale.

Pour rappel, la Tunisie a adopté dès 2014 une politique de transition énergétique visant une réduction de 30% de sa consommation d’énergie primaire par rapport au scénario tendanciel, à l’horizon 2030 et l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité de 30% au même horizon.

Pour atteindre ces objectifs, la Tunisie a adopté un certain nombre de mesures dont la création du Fonds de transition énergétique en 2014 et la promulgation de la loi relative à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables en 2015.

Depuis 2016, un « programme 2017-2020 » a été arrêté, visant à installer une capacité additionnelle de 1.000 MW renouvelables. Ce programme a démarré effectivement, en 2018, suite à la conférence d’accélération des programmes ER (CIM du février 2018). Il vise entre autres objectifs à produire 1000 MW en concession (500 PV et 500 éolien).