« Les ministres de l’Intérieur et de la Santé ont décidé de déclarer l’état d’alerte sur l’ensemble du pays, pour que la protection civile et les forces de sécurité soient prêts à intervenir », a annoncé l’exécutif socialiste dans un communiqué diffusé à l’issue d’un conseil des ministres qui s’est terminé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Au Portugal, l’état d’alerte a été décrété par le passé notamment pour faciliter la lutte contre les feux de forêt ou pour éviter une pénurie de carburant lors d’une grève des chauffeurs de camions-citerne.

Afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus, le gouvernement portugais a pris une trentaine de mesures d’exception dont la fermeture à partir de lundi des crèches, des écoles et des universités.

La mesure concerne un peu plus de 2 millions d’écoliers ou étudiants et restera en vigueur pendant au moins un mois. Les salariés qui devront garder leurs enfants recevront les deux tiers de leur salaire, un montant versé à parts égales par leur employeur et par l’Etat.

Dans une allocution télévisée, le Premier ministre Antonio Costa avait dévoilé jeudi soir les grandes lignes de cette série de mesures « temporaires »: fermeture des boîtes de nuit, interdiction pour les passagers de navires de croisières de débarquer dans les ports portugais, suspension des visites aux maisons de retraite.

Les propriétaires de bars et restaurants devront réduire leur capacité d’un tiers, afin d’éviter à leurs clients de se tenir trop proches les uns des autres. Pour la même raison, les centres commerciaux et les supermarchés devront eux aussi limiter l’affluence.

A Lisbonne, certains supermarchés commençaient à manquer de fruits et légumes, de conserves ou de papier de toilette.

Selon un bilan officiel établi jeudi, le Portugal a signalé 78 personnes atteintes de la maladie Covid-19, mais aucun décès, sur un total de 637 cas suspects.