Depuis toujours, les états de faiblesse, de panique et de psychose pourraient donner lieu à des côtés sombres des personnalités. Outre l’humour noir et macabre qui ont accompagné la confirmation des premiers cas atteints du Coronavirus au Maroc, une forme de racisme primaire a émergé suite à la parution de la couverture d’un hebdomadaire marocain qui a associé l’image d’un individu noir de peau et s’est posé la question sur le premier responsable de la propagation du virus. Un fait qui a fait du foin, notamment sur les réseaux sociaux et qui a suscité l’indignation de marocains et des subsahariens résidant au Maroc.

Contactée par l’Actu 24, Camille Denis, membre du Groupe Antiraciste d’Accompagnement et de Défense  des Étrangers et Migrants, n’a pas manqué d’exprimer son indignation et le mécontentement du Groupe de cet acte qu’elle juge d’ « horrible, raciste et honteux ».

Elle a par ailleurs évoqué des relents d’Ebola en rappelant l’époque où le virus était également lié aux personnes issues  de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. « Le problème réside dans l’image que cela crée dans la tête des gens qui lieraient la pandémie aux personnes  noires », a-t-elle ajouté.

« Arguments infondés »

Suite à ce tollé, l’hebdomadaire a publié ce mercredi 11 mars un communiqué où il présente des explications et où il avance « qu’au moment du choix de la photo, personne n’a prêté attention à la couleur de la personne qui y figure et qui est quasi couverte, donnant l’impression de porter un masque. L’unique souci était d’avoir une seule personne devant un centre médical, pour illustrer le 1er cas apparu ce jour-là au Maroc », et d’ajouter que la Directrice de publication est membre fondateur du réseau des «Panafricaines». Des explications qui n’ont visiblement pas été au goût de tous. « Ces explications sont de mauvaise foi et minimisent les propos racistes », s’est indigné un internaute.

Selon Camille Denis, cette réaction « est insignifiante et ne contient même pas d’excuses pour les personnes noires ».

Pandémie ou « colère divine » ?

Dans ce même sillage, l’Actu 24 a joint Mohssine Benzakour, sociologue, qui explique cette vague de racisme par l’ignorance et par les défaillances de la personnalité.

« Depuis toujours, il existe ce que l’on appelle la superstition et c’est le cas échéant au Maroc. L’OMS et  même les grandes puissances mondiales ont des difficultés à expliquer les raisons de propagation du Coronavirus. En l’absence d’une infirmation sûre et scientifique, la porte au charlatanisme et aux mythes s ‘ouvre grandement », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter que dans certains cas, la propagation de la pandémie est liée à la puissance divine ce qui se traduit par des troubles dans la construction de la personnalité.

A en croire le sociologue, certains n’ont pas encore atteint le stade de dire simplement  qu’il s’agit d’une pathologie. Le rapport à l’autre n’a pas encore été bien ficelé, encore moins la reconnaissance de l’esprit de la différence.

Mohsine Benzakour a fait savoir que ce comportement  n’est pas typiquement marocain, il existe également en Europe, où l’étranger pourrait être la source de tous les maux.

« Quand nous sommes défaillants nous n’essayons pas de trouver des causes directes et construites mais nous cherchons à justifier notre façon de penser », a-t-il argué.

Il est à noter qu’il y a six ans de cela, le Maroc a adopté une politique nationale d’immigration et d’asile qui l’engage à respecter les normes internationales concernant les migrants et qui a comme objectifs de faciliter l’intégration des immigrés réguliers, de mettre à niveau le cadre réglementaire, de mettre en place un cadre institutionnel adapté et de gérer les flux migratoires dans le respect des droits de l’Homme.