Samira Benmouna, Professeure au conservatoire de musique de la gendarmerie royale

« En tant que pianiste, la pratique instrumentale fait partie intégrante de ma vie quotidienne. Mon instrument me permet de calmer mes angoisses, de gérer mon stress et de m’apaiser. C’est un peu un ami à qui je parle tous les jours et à qui je confie mes peines. Il est certain que sans mon piano, mon confinement aurait été tout autre. Je m’estime heureuse d’avoir la chance de faire cet art et j’essaie au maximum de le partager avec mes proches afin d’essayer de leur faciliter, à eux aussi, le confinement »

B.Benmimoun, peintre, de Fès (56 ans)

« Le coronavirus n’est pas vraiment un sujet d’inspiration pour moi, mais cette période de confinement me donne l’opportunité d’arranger mon atelier, puisque mes apprentis ne sont plus là. A mon sens, il s’agit d’une période de répit pour reprendre de plus belle »

Le peintre nous a confié qu’en cette période de confinement, son art lui permet de se sentir plus vivant, mieux encore il essaie de « s’immortaliser ».

« Il serait temps que nous laissions notre empreinte dans ce monde, ma philosophie de vie c’est que je dois profiter du moment présent et vivre pleinement mon art avant que le temps ne m’échappe. Grâce à la peinture, je n’ai plus peur de la mort, mes toiles sont éternelles », a-t-il ajouté.

M.B, violoniste de Rabat (23 ans)

« Le confinement est une épreuve assez rude psychologiquement, et devoir faire face à cela tous les jours me demande beaucoup de courage. Quand je n’arrive pas à trouver ce courage au fond de moi-même je sais que je peux compter sur mon parfait compagnon, mon violon qui ne me déçoit jamais. Si je me réjouis de ce confinement, c’est parce qu’il m’a permis de renouer le contact avec mon violon que je n’avais pas touché depuis un bout de temps, alors que maintenant j’ai tout le temps qu’il me faut pour redécouvrir les sonates de Mozart et les quatre saisons de Vivaldi. C’est un vraiment bonheur de musicienne confinée. Je sens moins le temps passer car j’ai souvent la tête plongée dans mes partitions qui m’aident énormément à relativiser et à concevoir autrement cette période ».

Salma, Violoniste en herbe de Fès (15 ans)

« Avec le confinement, mes journées sont très longues et fatigantes, quand je joue du violon j’oublie tout, vu que c’est un instrument compliqué qui me prend des heures et me coupe du monde pendant des heures. Mon instrument me fait oublier le virus, ça m’aide à déstresser et à oublier cette angoisse générale. Mon instrument me défie, et ça me rend plus forte ». Même son de cloche pour Nada, pianiste de Fès qui croit qu’avec ou sans confinement, la musique l’aide à faire le vide, à se libérer et à oublier le quotidien un peu spécial de ces temps difficiles. Les touches blanches et noires de son piano l’emportent dans un autre monde

Décidément, il n’y aurait pas meilleur remède contre le confinement que l’Art. Produire de l’art ou le consommer tempère la grisaille du quotidien qui se passe désormais dans un espace fermé qui a tendance à être étouffant par moment. Voyager dans un livre, se transporter à travers une musique ou encore contempler une toile semblent très bien faire l’affaire, ces petits gestes ont l’air de bien accompagner les confinés et de les garder rapprochés malgré la distance.

 

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