Un jour après la décision du président libéral Mauricio Macri qui impose des limites pour l’achat et le transfert de devises, la monnaie argentine s’est appréciée de 5,38% à la fermeture, à 58,41 pesos pour un dollar. L’indice Merval de la Bourse de Buenos Aires a lui bondi lundi de 6,45%.
« J’estime que le dollar va rester stable. (Le taux de change) a baissé de 2,5 pesos, mais avec très peu de volume » de transactions, a déclaré le ministre des Finances Hernan Lacunza à la sortie d’un conseil des ministres, voulant faire preuve de prudence.
Les mesures du gouvernement, qui resteront en vigueur jusqu’au 31 décembre, font suite à plusieurs semaines d’incertitudes sur les marchés et de forte dépréciation de la monnaie argentine.
Le décret publié dimanche au Bulletin officiel argentin impose aux entreprises exportatrices de changer en pesos les dollars entre cinq et quinze jours ouvrables après l’encaissement, ou 180 jours après l’exportation des biens.
Les particuliers ne pourront effectuer de virements à l’étranger de plus de 10.000 dollars, ni acheter des devises pour un montant supérieur à cette somme sans autorisation de la Banque centrale d’Argentine (BCRA).
« Nous pensons que ces mesures vont fonctionner. Elles font partie d’un programme », a déclaré Hernan Lacunza, en référence à la demande faite au Fonds monétaire international (FMI) d’un rééchelonnement de la dette du pays de 57 milliards de dollars auprès de l’institution. Selon l’accord signé en 2018, les premiers remboursements doivent intervenir en 2021.
Le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez fait désormais figure de favori pour le scrutin présidentiel du 27 octobre, après sa large victoire aux élections primaires où il a remporté 47% des suffrages, loin devant M. Macri (32%) qui brigue un second mandat.
L’économie argentine, en récession depuis 2018, connaît une des inflations les plus élevées au monde (25,1% entre janvier et juillet, 54,4% sur les 12 derniers mois), une baisse de la consommation, des fermetures de commerces et une augmentation de la pauvreté (32% en 2018) et du chômage (10,1% cette année).