« Les responsables syndicaux de tout le pays se sont réunis dimanche matin après l’expiration samedi dans la nuit de la convention collective de General Motors datant de 2015, et ont choisi de se mettre en grève à minuit dimanche », a écrit le syndicat United Auto Workers (UAW) dans un communiqué.

Cette grève risque d’interrompre la production de voitures à travers les États-Unis du numéro un du secteur.

La direction de GM a regretté que l’UAW « ait choisi de faire grève ce soir », estimant avoir présenté « une offre solide » pour la nouvelle convention.

Le fossé reste grand entre les revendications des syndicats et les propositions de la direction sur les salaires, les prestations de soins de santé, le statut des travailleurs temporaires et la sécurité de l’emploi, a toutefois estimé Terry Dittes, vice-président de l’UAW chargé des négociations. Lancées en juillet, les négociations sont pour le moment au point mort.
Selon le Wall Street Journal, il s’agit de la première grève de cette ampleur au sein de l’entreprise depuis plus d’une décennie.
Le dernier grand appel à la grève chez General Motors remonte à 2007 lorsque 73.000 travailleurs de plus de 80 usines avaient arrêté le travail pour deux jours, déjà dans le cadre de négociations salariales tendues.
« Nos membres se sont exprimés, nous avons pris des mesures; et nous ne prenons pas cette décision à la légère », a ajouté Ted Krumm, le responsable syndical à la tête de la commission chargée des négociations cité dans le communiqué.
Le syndicat réclame que General Motors « reconnaisse les contributions et les sacrifices que les membres d’UAW au sein de l’entreprise ont fait afin de créer une industrie profitable et saine ».
Pour sa part la direction a défendu ses positions dans un communiqué: « nous avons présenté une offre solide qui améliore substantiellement les salaires, les avantages sociaux et la croissance des emplois aux États-Unis ». « Il est décevant que les dirigeants de l’UAW aient choisi de faire grève à minuit ce soir. Nous avons négocié de bonne foi et avec un sentiment d’urgence », affirme encore GM ajoutant vouloir « bâtir un avenir solide pour les employés et l’entreprise ».
Egalement en négociation avec Ford et Chrysler, le syndicat était parvenu vendredi à un accord dans ces deux groupes.
Ce débrayage a été précédé d’un mot d’ordre de grève de 850 ouvriers en charge de la maintenance des usines GM dans le Michigan et l’Ohio samedi, également à l’appel de l’UAW.
Cette grève chez ARAmark, un sous-traitant gérant la maintenance dans les installations de GM dans le Midwest, était considérée comme un prélude à un débrayage potentiel des 46.000 cols bleus employés par le constructeur.
La rentabilité des constructeurs automobiles devrait être affectée dans les prochains mois par la saturation du marché américain et l’affaiblissement de la demande chinoise en raison du ralentissement économique.