Cette rencontre était une occasion propice pour les amoureux des livres, de la poésie et des littératures universelles surtout en ces temps  de confinement pour découvrir ou redécouvrir le parcours à la fois riche et singulier de ce  créateur modeste, humble et prolifique.

Ainsi, l’homme a consacré sa vie à l’écriture, à la lecture et surtout à la traduction des grands textes des noms connus et reconnus  de la littérature et la poésie russes tels que Alexender Pouchkine, Fiodor Dostoievski, Boris Pasternak… pour ne pas citer que ceux-là. Maliani n’est pas un poète de la dernière pluie parce que ses œuvres poétiques et son expérience en matière de l’écriture remontant aux années soixante du siècle dernier. Ses publication nombreuses en témoignent dont «Rose de neige », «Noces des arènes», «Des poésies pour les bonnes personnes» et bien d’autres.

 

De l’écriture avant tout chose…

On n’écrit pas uniquement pour devenir auteur ou écrivain. Parfois, c’est plus qu’une passion, c’est aussi une tâche difficile, une entreprise où chaque plume révèle sa vision du monde et celle des choses.

En effet, dans l’écriture romanesque, Maliani a enrichie la bibliothèque nationale avec des romans tels que ‘’Casaanfa’’, ‘’La maison rouge’’ où il creuse dans la mémoire collective marocaine, mais aussi et surtout dans l’imaginaire, les mœurs et les traditions de sa culture millénaire.

C’est dans les années soixante, à l’image des autres jeunes créateurs de sa génération, que le poète a percé dans les puits profonds de la poésie d’ici et d’ailleurs.

C’était en 1962  qu’il avait écrit son premier poème commémoratif en hommage à sa grand-mère par le bais de l’écriture poétique. A vrai dire, seuls les mots ont toujours cette capacité de tout dire, de tout extérioriser!

Or, les commencements sont toujours beaux ! Il fallait alors attendre une année environ pour que les textes du poète puissent voir le jour dans un recueil de poésies collectif avec les deux poètes Ahmed Henaoui et Meskini Sghir. A l’époque, ce  florilège de textes poétiques a été édité par l’association «Les pionniers de la plume» créée en 1963 ; une année après la création de l’union des écrivains du Maroc  dont Maliani était l’un des membres fondateurs. Pour lui, 1967 était une année si particulière notamment avec la parution de son premier recueil de poésie «Des poésies pour les bonnes personnes». Et l’aventure continue…

 

La traduction : une passerelle entre deux cultures, deux langues !

Traduire n’est pas toujours trahir. A vrai dire, il est des traductions qui ont donné une nouvelle vie aux textes originaux. En d’autres termes, la traduction voyage, elle défie les frontières physiques, linguistiques, ethniques et imaginaires pour s’ouvrir sur d’autres cultures et un autre lecteur.

Dans cet esprit, Driss Maliani a tissé une relation solide et poétique avec la langue et la culture russes. A travers ses traductions, il a fait découvrir à ses  lecteurs une autre civilisation, une autre littérature et surtout un autre regard sur monde. Militant de gauche, le poète et traducteur a toujours cru  dans la capacité des mots, en  la puissance de la parole pour transmettre ses convictions, ses lettres de noblesse et lutter pour une culture nationale progressiste, épanouie et universelle.

Toutefois, c’est en 2005 que l’une de ses premières traductions a vu le jour. Un voyage à l’autre rive de la création. Il faut le rappeler, les premiers textes ont toujours un goût singulier.

Un grand passionné de la traduction, Maliani a donné une nouvelle vie aux textes littéraires russes dans une autre langue ; arabe.

 

Un poète humanité…

La poésie est la langue émotionnelle du poète. Elle est également  son moyen de résistance et de confirmation de soi dans le monde.  Aujourd’hui il compte à son actif plus de 12 recueils de poésie faisant l’éloge de  la beauté, du militantisme et de l’être  humain dans toute sa splendeur. Un poète humaniste,  Maliani est connu par son ouverture sur les autres écoles de la poésie. Il a toujours appelé à la traduction des poètes marocains  notamment les pionniers ayant mis les jalons de la modernité poétique au Maroc. Un retour aux sources est désormais indispensable !