Le groupe va notamment fermer son site de Barcelone, qui emploie quelque 3.000 personnes, au grand dam du gouvernement espagnol qui avait tenté d’éviter ce scénario ces derniers jours.

Nissan va aussi réduire ses capacités de production en Amérique du Nord, mais sans y fermer d’usines. En Asie, il avait déjà annoncé en mars la fermeture d’un site de production en Indonésie.

Le groupe prévoit de réduire de plus d’un million d’unités ses capacités de production par rapport à 2018/19, où elles dépassaient 7 millions d’unités.

Il a dit anticiper une activité «normale» de production de 5,4 millions d’unités en 2022/23, pour une capacité de production maximale de 6 millions d’unités.

C’est une restructuration bien plus ample que celle engagée l’an dernier, qui était devenue insuffisante face à l’impact dévastateur de la crise du coronavirus sur la demande automobile.

En juillet dernier, Nissan avait annoncé son intention de réduire de 10% ses capacités de production d’ici mars 2023, ce qui passait par la suppression d’environ 12.500 postes dans le monde.

Le groupe confirme ainsi sa volonté de mettre fin à la course aux volumes qui était au coeur de la stratégie de Carlos Ghosn, l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, qui a fui au Liban fin 2019, plus d’un an après avoir été arrêté au Japon pour malversations financières présumées.

Nissan a annoncé jeudi des pertes abyssales sur son exercice écoulé 2019/20, clos au 31 mars.

Sa perte nette annuelle s’est élevée à 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d’euros), bien supérieure à ses prévisions car amplifiée par des coûts de restructuration et des dépréciations, contre un bénéfice net de 319 milliards de yens en 2018/19.

Il s’agit de la première perte nette annuelle du groupe depuis l’exercice 2008/2009, quand il était aux prises avec la crise financière mondiale.

Nissan a aussi accusé une perte opérationnelle annuelle de 40,5 milliards de yens et une chute de près de 15% de ses ventes, à 9.879 milliards de yens (83,3 milliards d’euros).

Le groupe n’a pas donné de prévisions de résultats pour 2020/21 dans l’immédiat.