Toutefois, cette augmentation du nombre de cas nouveaux « ne représente pas un changement significatif de la trajectoire de l’épidémie », a estimé à Genève le chef du département des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan.

« L’augmentation que vous avez tous vue ces dernières 24 heures résulte largement, en partie, d’un changement dans la manière dont les cas sont rapportés », a-t-il dit à la presse.

Ailleurs en Asie, pour la première fois une quarantaine a été édictée au Vietnam, dans une commune située près de Hanoï.

Le Japon a lui annoncé le premier décès sur son territoire d’une personne contaminée, une octogénaire. C’est le deuxième enregistré hors de Chine (qui concentre 99,9% des morts du virus dans le monde) après celui d’un Chinois aux Philippines.

En Chine, sous forte pression de l’opinion qui leur reprochait leur gestion de la crise, les deux chefs du Parti communiste chinois (PCC) pour la province du Hubei (centre), berceau de l’épidémie, et Wuhan, son chef-lieu, ont été limogés.

Ils laissent derrière eux une situation difficile. La Commission nationale (ministère) de la Santé a annoncé jeudi 15.152 nouveaux cas et 254 décès supplémentaires. Il s’agit, de loin, des plus fortes augmentations journalières depuis le début de la crise en décembre.

Ces chiffres sont le signe d’une sous-estimation de l’ampleur de l’épidémie, qui a officiellement contaminé près de 60.000 personnes et fait 1.367 morts en Chine continentale. Mais paradoxalement ils ne sont pas forcément synonyme d’une aggravation.

Ils sont surtout dus à une nouvelle définition, plus large, des cas d’infection par les autorités sanitaires du Hubei – qui concentre l’essentiel des cas (14.840) et des morts (242) supplémentaires.

Dorénavant, les malades de la province « diagnostiqués cliniquement » sont aussi comptabilisés. En clair, des patients suspects ayant subi une simple radio pulmonaire pourront désormais être considérés comme des malades « confirmés ». Jusqu’à présent, un test d’acide nucléique était indispensable.

De fait, le nombre de nouveaux cas journaliers confirmés à 100% par un test poursuit sa baisse entamée il y a quatre jours: il a chuté officiellement durant cette période de 3.062 à 1.820.

Les autorités justifient la nouvelle méthode par leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d’un traitement, une solution qui a reçu l’approbation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant un effort « d’adaptation ».

« Le gouvernement a récemment redoublé d’efforts pour faire face à l’ampleur de l’épidémie à Hubei et au besoin considérable de soins par la population », a estimé l’organisation dans un communiqué.