« C’est un peu artisanal, on va encore tâtonner mais on va y arriver », veut croire sous couvert d’anonymat l’un de ces diplomates. « Il vaut mieux travailler à minima que pas du tout », confie-t-il à l’AFP, en regrettant que le Conseil de sécurité, sous présidence chinoise en mars, n’ait pas été plus actif depuis sa dernière réunion au siège de l’ONU le 12 mars.

La réunion, qui devait servir de « test », selon une source diplomatique, n’avait pas été mise à l’agenda officiel du Conseil de sécurité. Elle s’est déroulée sans accès pour les médias avec des ambassadeurs ou des adjoints confinés chez eux devant leur écran d’ordinateur.

Selon des diplomates, la réunion a duré au total plus de quatre heures, y compris la discussion qui a suivi la session congolaise sur l’organisation de la suite du travail du Conseil.

En cause notamment, des interruptions de séance dues à divers incidents, allant de la déconnexion de certains à des problèmes d’alimentation électrique.

Sur une image diffusée sur Twitter, la Tunisie est le seul pays non représenté par un diplomate. « Leur connexion a été coupée un très court moment », précise à l’AFP un participant.

Si le Conseil de sécurité a l’habitude d’entendre des intervenants par vidéo, en direct du pays où ils sont affectés, une telle réunion par vidéo pour l’ensemble de ses 15 membres « ne s’est jamais produite dans son histoire », relève un spécialiste de l’Organisation.

Toutes les interventions se sont déroulées en anglais, favorisant les pays anglo-saxons, le recours au chinois, au russe, à l’arabe, à l’espagnol ou au français, les cinq autres langues officielles à l’ONU, n’étant pas possible en raison d’impossibilités techniques.

La Russie refuse jusqu’à aujourd’hui que des votes se déroulent de manière « virtuelle » et réclame des sessions « physiques » au siège de l’ONU que le secrétaire général, Antonio Guterres, a gardé ouvert en dépit de la pandémie de coronavirus.

A l’initiative de la France, un communiqué sur la RDCongo, ayant obtenu l’assentiment des 15 membres du Conseil, a été publié après la réunion. Il souligne leur « inquiétude face à l’instabilité continue dans l’est du pays » et à la « situation humanitaire, notamment à cause de l’épidémie de rougeole actuelle ».