L’Europe peut devenir plus forte, à condition que nos pays comprennent qu’ils ne peuvent s’en sortir en s’engageant dans le chacun pour soi », a-t-il poursuivi, ajoutant que « certains pays n’ont pas perçu la mesure de la catastrophe qui nous guette et ne se rendent pas compte de la gravité de la situation pour leurs propres économies ».

Ce cri d’alarme fait écho à celui de l’ex-président de la Commission européenne, Jacques Delors, aux yeux duquel « le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l’UE ».

« Le projet européen risque de sombrer. Il est clair que si les divergences économiques entre pays européens augmentent et si la crise accroît les différences entre divers pays européens, au lieu de les diminuer, il sera très difficile de maintenir en l’état le projet européen », a renchéri, lundi, le Commissaire européen à l’économie, l’Italien Paolo Gentiloni.

L’ancien chef du gouvernement italien souligne par ailleurs qu’une solution doit être trouvée « inévitablement à travers un dialogue avec l’Allemagne sans laquelle on ne trouvera pas un compromis ».

« Malheureusement, dans la dynamique des rapports entre les Etats européens, c’est la clé de lecture des crises précédentes qui a pris le dessus. Le fait est que cette discussion, qui est absolument légitime, n’est pas adaptée à la situation que nous vivons », déploré Gentiloni.

Un fossé sépare des pays du sud de l’Europe, comme l’Espagne et l’Italie, soutenus par la France, de ceux du nord, menés par les Pays-Bas et l’Allemagne.

Les pays du sud, les plus touchés par la pandémie et dotés de finances publiques fragiles, souhaitent un soutien financier massif de l’UE pour surmonter les conséquences sanitaires, économiques et sociales de la crise, ce que les pays du nord refusent.