Le chef de l’Etat, qui s’exprimait à l’Elysée devant les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) en présence notamment du premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, a annoncé également la mise en place d’un fonds de transformation écologique de l’économie française dans le plan de relance » pour notamment investir dans les transports propres, rénover les bâtiments et inventer les industries de demain ».

Dans son discours, M. Macron, à qui les propositions de la Convention avaient été soumises le 21 courant au terme de neuf mois de travaux, a en outre approuvé le principe d’un moratoire sur les nouvelles zones commerciales dans la périphérie des villes ainsi que celui de mesures d’aides pour la rénovation des bâtiments.

S’agissant de la création d’un « crime d’écocide », il a assuré qu’il porterait ce combat au sein des instances multilatérales et qu’il étudie son introduction dans le droit français, se disant « prêt » à soumettre à des référendums dès 2021 certaines propositions de la CCC, d’une part pour modifier la constitution, et d’autre part pour des mesures spécifiques.

Le chef de l’Etat a par la même occasion fait part de son « désaccord » avec l’instauration d’une « taxe de 4% sur les dividendes » et écarté le lancement pour l’heure d’un débat sur les 110 km/h sur les autoroutes, faisant savoir que certaines mesures de la Convention seront décidées lors d’un conseil de défense écologique pour toutes les mesures qui relève du champ réglementaire.

Toutes les propositions de la Convention, « à l’exception de trois », seront mises en oeuvre, a fait savoir M. Macron, notant que certaines seront décidées dès la fin juillet, d’autres intégrées au plan de relance mais la plupart feront l’objet d’un « projet de loi spécifique » multi-mesures en septembre.

M. Macron a aussi annoncé qu’un projet sur la réforme du Conseil économique, social et environnemental sera présenté lors du prochain conseil des ministres.

Après neuf mois de travail, 150 citoyens et citoyennes tirés au sort de la CCC ont proposé 149 mesures, parmi lesquelles la création d’un crime « d’écocide » par référendum, la réduction de la vitesse sur l’autoroute de 130 à 110km/h, l’interdiction des panneaux dans l’espace public extérieur ou l’interdiction des semences OGM.

Initiative inédite en France, la CCC a été mise en place par l’exécutif dans le sillage de la crise des « Gilets jaunes » qui pointaient du doigt la politique économique et sociale du gouvernement ainsi que sa gestion de la question climatique.

Elle a pour vocation de donner la parole aux citoyens et citoyennes pour accélérer la lutte contre le changement climatique à travers la proposition de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale.