Intervenant lors d’une réunion par visioconférence du Conseil, tenue sur le thème « Protection des civils contre la faim provoquée par les conflits », David Beasley a rappelé que lors de ses conversations avec les dirigeants mondiaux au cours des derniers mois, « avant que le virus ne devienne un problème », il avait estimé que cette année « nous serions confrontés à la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale, et ce pour plusieurs raisons ».

« Nous ne sommes pas seulement confrontés à une pandémie de santé mondiale, mais aussi à une catastrophe humanitaire mondiale, avec 821 millions de personnes dans le monde qui se couchent chaque soir avec une faim chronique », a déploré le patron du PAM.

De son côté, le directeur général de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, a réitéré que la prévention des conflits et les mesures rapides pour réduire leur impact sont des mesures « très efficaces » qui peuvent être prises pour éviter et réduire l’insécurité alimentaire aiguë dans le monde.

En effet, un rapport publié mardi par le PAM prévient que la pandémie de COVID-19 risque d’aggraver en 2020 le sort de populations déjà en forte insécurité alimentaire en 2019, s’alarmant que le nombre de personnes confrontées à une crise alimentaire doublera si des mesures ne sont pas prises rapidement.

Dans ses projections, le PAM estime que le nombre de personnes souffrant sévèrement de la faim pourrait doubler en raison de la pandémie de COVID-19, atteignant alors plus de 250 millions d’ici la fin de 2020.