Nombreux étaient donc ceux qui ont appelé à un amendement du code pénal marocain, notamment des articles 449 et 452. Le combat ne date pas d’hier, le caractère répressif et inquiétant des interruptions clandestines tourmente depuis des années l’Association Marocaine de Lutte Contre l’Avortement Clandestin (AMLAC), ainsi que d’autres militants et activistes. Selon l’AMLAC, 600 à 800 interruptions clandestines se dérouleraient chaque jour, ce qui est, on ne peut plus alarmant. Dans ce sens, en 2015, un communiqué royal a estimé que le recours à l’avortement devrait être autorisé en cas de grossesses résultant d’un viol ou d’inceste ou encore en raison de graves malformations et maladies incurables auxquelles pourrait faire face le fœtus. Une année plus tard, ce projet de loi a été adopté par le conseil de gouvernement et depuis le mutisme est total et fait froid dans le dos. Chafik CHRAIBI, Président de l’AMLAC, Sanaa EL AJI, Sociologue et Mohamed Abdelwahab RAFIKI, Chercheur en études islamiques, font le point.