Si la stratégie de l’immunité de groupe avait été suivie au lieu du confinement, 23 % de la population aurait été infectée, provoquant une vague de cas graves impossible à absorber par les établissements de santé, d’après cette étude relayée jeudi par le quotidien Le Monde.
Au total, près de 670.000 patients auraient eu besoin d’être hospitalisés et au moins 140.000 cas graves auraient dû être pris en charge, élevant le besoin en lits de réanimation à 100.000, estiment les auteurs de l’étude.

« Ces résultats enterrent définitivement l’idée qu’on aurait pu laisser le virus se propager, en se disant: une fois qu’on l’aura tous eu, on sera débarrassé », déclare le chercheur Pascal Crépey au quotidien.

S’agissant du nombre de morts, ce chiffre bondit également dans cette modélisation de l’EHESP, avec un doublement tous les 4 à 5 jours. Selon l’étude, 73.900 personnes seraient décédées à l’hôpital entre le 19 mars et le 19 avril si aucune mesure de distanciation sociale n’avait été prise, contre un peu plus de 12.200 décès observés actuellement.

Sur ces 61.700 vies « épargnées », environ 15.000 l’ont été en Ile-de-France et 7.700 dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par l’épidémie de Covid-19.

« Ces chiffres sont des minimums », explique Pascal Crépey, car ils ne tiendraient pas compte du nombre de personnes qui seraient mortes hors de l’hôpital, faute d’avoir même pu y être soignées en raison de la saturation.

L’épidémie du coronavirus a fait 21.340 morts en France, selon le dernier bilan fourni par les autorités sanitaires, alors que 29.741 patients sont actuellement admis dans les hôpitaux, dont 5.019 en réanimation.

Le gouvernement prévoit un déconfinement progressif des populations à compter du 11 mai prochain.