« La croissance mondiale 2020 sera inférieure à 2019 (2,9%), mais dans quelle mesure elle va diminuer, il est difficile de le prévoir à ce stade de manière évidente en raison de l’incertitude », ajoute le Fonds.

De son côté, la Directrice de la banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé de nouvelles mesures de soutien au marché du crédit face aux retombées économiques du Coronavirus, qui pèse sur l’activité et menace plusieurs pays de récession, notamment le maintien des taux directeurs inchangés, l’adoption d’un programme inédit de nouveaux prêts et des taux plus favorables sur les liquidités mises à leur disposition pour soutenir les PME les plus touchées par l’épidémie, l’augmentation de l’enveloppe consacrée au programme d’achat obligatoire, publique et privée, à 120 milliards d’euro, ainsi que l’assouplissement des obligations imposées aux banques en matière de fond propres et de liquidités.

Dans la même lignée, suite à l’annonce par le président américain d’une suspension de l’entrée aux États-Unis des voyageurs ayant séjourné en Europe, une chute importante des principales bourses européennes a été enregistré, surtout à Paris (-5,11%), à Londres (-4%), à Francfort (-5,81%) et à Madrid (-5%).

Cette tendance baissière s’est poursuivie jusqu’à la fermeture le 12 mars 2020. Ainsi, la bourse de Paris a connu la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28%, la bourse australienne avait elle aussi chuté, celles de Tokyo et Hong Kong ont, elles, fermé avec un net recul.

Pour ce qui est du secteur du tourisme, il a enregistré -1 % à -3 % des arrivées de touristes dans le monde en 2020 et une perte de 30 à 50 milliards de dollars.

Compte tenu de l’ampleur de l’épidémie, toute la chaîne de valeur du tourisme mondial est affectée. le transport aérien et de croisière, le transport de voyageurs, les agences de voyages, les Tours-opérateurs, les établissements d’hébergement, les restaurateurs, les centres de loisirs, les commerces de souvenirs.

Les annulations en cascade des voyages à cause du coronavirus et les restrictions au voyage imposées par certains États vont lourdement impacter les activités des professionnels du secteur touristique.

Selon les premières estimations de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les arrivées de touristes dans le monde devraient chuter de 17% à 3% en 2020 (par rapport aux prévisions initiales de + 3% à + 4%), entraînant une perte potentielle de 30 milliards à 50 milliards de dollars de recettes touristiques mondiales.

L’Asie, premier foyer de cette épidémie, serait la région la plus affectée avec des arrivées en baisse de 9 à 12% et la Chine, qui est le plus grand émetteur de touristes au monde, a interdit la commercialisation des voyages et a appelé à annuler ceux déjà réservés au-delà du 27 janvier 2020.

En Afrique, l’impact du coronavirus se fait déjà sentir au niveau du secteur du tourisme, bien que le continent ne pèse qu’environ 6% des arrivées de touristes du monde, les annulations se multiplient au niveau des principaux pays touristiques du continent : le Maroc, l’Égypte, la Tunisie et l’Afrique du Sud.

En 2019, le Maroc et l’Égypte avaient attiré chacun 13 millions de touristes, alors que la Tunisie en avait accueilli 9.4 millions et affichaient de bonnes perspectives touristiques pour 2020.

Les annulations de meetings et autres manifestations se multiplient, ainsi que les décisions prises par les autorités de ces pays pour limiter les rassemblements, afin de diminuer les sources de contagion.

Au Maroc, les hôteliers de Marrakech et Casablanca commencent à sentir durement les effets de l’épidémie, d’autant plus que la France et l’Espagne sont les deux premiers émetteurs de touristes vers le Maroc.

L’interdiction aux Européens d’entrer aux États-Unis pendant un mois a eu un impact négatif sur le secteur du tourisme.

Selon le président de la fédération des tour-opérateurs qui regroupe l’essentiel de la profession en France, René-Marc Chikli, « c’est la pire des nouvelles pour les compagnies aériennes et c’est la pire des dispositions pour les tour-opérateurs ».

« C’est la catastrophe, on se demande ce qu’il nous reste à vendre comme destinations. Au total, entre les voyages à forfait (hébergement + vols) et les prestations sèches (vols principalement), on estime qu’il y a 100.000 clients concernés au niveau des tour-opérateurs français sur mars et avril », a-t-il ajouté.

L’OMT appelle, dans ce sens, à un soutien financier et politique aux mesures de relance visant le tourisme dans les économies touchées, des mesures que les professionnels du secteur au niveau des pays africains ne cessent de demander.