Si le déconfinement a déjà commencé dans plusieurs pays du Monde, dont les plus grandes destinations touristiques mondiales, le Maroc ne franchira pas le cap avant le 10 juin et l’avenir de ses frontières et de son activité touristique demeure un mystère.

La Tunisie Ouvre ses frontières

Devant le doute et le manque de visibilité qui domine au Maroc, les voisins tunisiens ont d’ores et déjà établie leur stratégie touristique et ont annoncé officiellement ce lundi, la réouverture des frontières terrestres, aériennes et maritimes à partir du 27 juin, offrant ainsi de la visibilité aux clients et de l’espoir aux professionnels.

Cette décision de rouvrir les frontières, fermées depuis la mi-mars, a été décidée par la Commission nationale tunisienne de lutte contre le covid-19, réunie sous la présidence du chef du gouvernement, Elyès Fakhfakh. La commission a également autorisé à partir du 4 juin, la circulation et les déplacements entre les régions offrant ainsi plus d’opportunités aux touristes internes pour amortir le choc.

Face à cette situation, le Maroc enregistre «un petit retard par rapport a ses concurrents», confie à Lactu24, Zoubir Bouhoute directeur du Conseil Provincial du Tourisme d’Ouarzazate, notant que si la Tunisie a déjà préparé son protocole sanitaire, ce qui est de nature à sécuriser les futurs clients. Les responsables marocains doivent se prononcer vite sinon le pays perdra des points aussi bien pour le tourisme interne qu’international.

Un ras-le-bol des professionnels

Pour sa part, la Confédération Nationale du Tourisme (CNT) et au nom de tous les acteurs du secteur qu’elle représente, a tenu à alerter sur l’état d’incertitude dans lequel se trouve le tourisme, appelant à plus de visibilité quant à la levée des restrictions liées à l’accessibilité de la destination «Maroc» et à la mobilité à l’intérieur du royaume.

«Nous devons impérativement informer les compagnies aériennes pour réserver leurs slots et les TO pour préparer leurs offres, sur la date prochaine de l’ouverture de nos frontières aériennes dans un premier temps, de manière à pouvoir maitriser le contrôle sanitaire au niveau des aéroports, avec test obligatoire à l’embarquement des pays émetteurs , suivi des touristes durant la totalité de leur séjour et mesures barrières tout au long du parcourt client, tout ceci avec une bonne communication, tous canaux confondus.», explique la CNT dans un communiqué, notant que  les décisions de programmations de destinations se prennent maintenant, «le Maroc a eu une maitrise exceptionnelle de la pandémie et cette maîtrise se doit être également dans la reprise et la relance du tourisme»

La CNT réclame également des mesures exceptionnelles, notamment un «plan Marshall», pour relever un secteur vital pour l’économie marocaine, un des principaux pourvoyeurs de devises, avec près de 80 milliards de dirhams.