Avec plus de 2.7 millions d’habitants, Souss Massa est la sixième région la plus peuplée au Maroc, dispose, d’un important potentiel de développement socio-économique, basé essentiellement sur les activités agricoles et touristiques.
Sur le plan hydrologique, le bassin de Souss Massa est exposé depuis toujours , à un stress hydrique élevé qui s’est accentué d’une manière considérable lors des dernières années avec les impacts des changements climatiques.

 

Une rationalisation et optimisation de la consommation en luttant contre le gaspillage s’avèrent essentielles pour alléger la criticité de cette conjoncture.

L’évolution de la situation hydrologique durant les trois dernières années devient de plus en plus inquiétante nécessitant une intervention urgente pour sécuriser l’accès à l’eau au cas où le climat défavorable persisterait. Les chiffres sont assez critiques pour refléter la situation d’urgence dans laquelle se trouve la région de Souss Massa.

En effet, le déficit en matière de précipitation pour les trois dernières années varie entre -15% à -35% ce qui a impacté notablement les apports au niveau des barrages alimentant les principales villes (grand Agadir, Taroudant, Tiznit et Sidi Ifni) et centres avoisinants.

Le taux de remplissage des barrages affiche un seuil aggravant de 25%. Les réserves actuelles au niveau des deux barrages alimentant le grand Agadir, en l’occurrence barrages Abdelmoumen et Moulay Abdellah, ne peuvent subvenir aux besoins de la population en eau potable que pour quelques mois. Cette situation nécessite une intervention urgente pour sécuriser l’accès à l’eau au cas où le climat défavorable persisterait.

 

L’évolution de la situation hydrologique durant les trois dernières années devient de plus en plus inquiétante nécessitant une intervention urgente pour sécuriser l’accès à l’eau au cas où le climat défavorable persisterait.

 

Devant cette situation et dans l’attente d‘une évolution favorable de la situation hydroclimatique au niveau du bassin Souss Massa (Nous ne sommes qu’au début de l’année hydrologique), un plan d’urgence doit être immédiatement établi et entrepris pour éviter le Day Zero à l’instar de la crise du Cape Town, la ville sud-africaine en 2017-2018 ou l’armée était obligée d’intervenir pour réguler la distribution restrictive de l’eau à la population ( sachant que le contexte sociopolitique n’est pas le même, le Maroc a déjà vécu une expérience similaire qui a été managée avec succès : cas de Tanger en 1996 )

Cette conjoncture, de par sa criticité, appelle à la vigilance et la grande mobilisation de toutes les parties prenantes pour se préparer à toutes les éventualités possibles.
Persuadée que les principaux acteurs sont fortement mobilisés pour faire face à cette situation critique, je voudrais partager quelques propositions nécessaires et inévitables qui pourront atténuer l’ampleur de la situation.

Je ne citerai que quelques mesures à court et à moyen terme du moment que les travaux relatifs au projet  de dessalement, qui sécurisera l’accès à l’eau pour le moyen et le long terme, avancent à bon train.

 

Cette conjoncture, de par sa criticité, appelle à la vigilance et la grande mobilisation de toutes les parties prenantes pour se préparer à toutes les éventualités possibles.

 

Mesures urgentes et immédiates

 Outre les mesures du raccordement du système d’alimentation en eau potable existant aux installations d’irrigation du barrage Aoulouz (barrage réservé jusqu’à maintenant exclusivement à l’irrigation), certaines mesures s’avèrent indispensables dans  de telles conjonctures, à savoir :

  • L’arrêt immédiat de l’arrosage des espaces verts publics et des complexes touristiques à partir de la ressource douce. Les opérateurs dans le secteur du tourisme doivent faire preuve d’un acte de solidarité et de citoyenneté en situation pareille.

 

  • Le lancement immédiat d’un programme de réhabilitation des réseaux de distribution d’eau potable ou le rendement affiche parfois des chiffres très bas, ne dépassant pas 60% dans certains centres. Les principaux opérateurs, en l’occurrence la RAMSA et l’ONEE, sont fortement interpellés par cette action. Cette opération permet, à l’instar des expériences vécues, une économie d’eau considérable pouvant sauver la population de la soif pendant deux ou trois mois.

 

  • Lancement d’une campagne de sensibilisation auprès des citoyens et surtout auprès des grands consommateurs. Cette mesure pourrait apparaître pour certains comme une sorte d’incitation à la panique et à l’émoi, mais vaut mieux prévenir que guérir, dirait-on. Une rationalisation et optimisation de la consommation en luttant contre le gaspillage s’avèrent essentielles pour alléger la criticité de cette conjoncture. Cette mesure pourrait être conjuguée également par la mise en place d’équipements économes (robinets économes, douchettes économes…), particulièrement au niveau des installations publiques (bornes, fontaines publiques, bains maures…).

 

  • Mise en place d’un centre de réception de réclamations accessible à la population visant à informer les opérateurs en cas de casse ou de fuites au niveau du réseau de distribution ou de points d’eau publics.

 

Toutefois, cette situation qui paraît préoccupante n’est pas indéfiniment une fatalité. Elle nécessitera, sans doute, d’un volontarisme constant en vue de juguler cette entrave hydrique dans une région assoiffée.

Mesures à moyen terme

 

  • Recours imminent à la réutilisation : la région dispose d’importantes infrastructures d’assainissement dotées parfois de procédés de traitement innovants et performants néanmoins, le recours à la valorisation de ces eaux usées traitées et épurées reste très limité, par rapport à potentiel existant. Malgré la mobilisation et l’engagement démontrés par toutes les parties prenantes la valorisation des eaux traitées traîne encore, faute de financement nécessaire relatif aux ouvrages de raccordement au STEP et/ou contraintes techniques comme la forte charge polluante des effluents industriels qui nécessitent un traitement préalable avant leur acheminement vers les STEP. Par ailleurs, le recours à la réutilisation s’avère incontournable vu le potentiel existant.

 

  • L’interconnexion des barrages desservant le grand Agadir barrage à savoir barrage Aoulouz avec Abdelmoumen et Moulay Abdellah. Plusieurs pays ont opté pour l’interconnexion entre les différents aménagements et infrastructures hydrauliques comme une réponse adaptative aux aléas climatiques l’Algérie, l’Espagne, la Tunisie …

 

  • La mise en œuvre, le plus sérieusement possible, des dispositions du contrat de nappe pour mettre fin à la surexploitation abusive des nappes souterraines.

 

Il va sans dire, enfin, que le désarroi stressant dont souffrent les populations ne fait que s’intensifier par les pénuries accablantes des précipitations raréfiées, dans ces zones déshydratées.

Il est bien évident que la région du Souss Massa regorge de productivités en agrumes et en primeurs, destinées pour la plupart, à l’export, grâce à l’insertion des mécanismes de haute sophistication.

Mais cette modernisation souhaitée, pour le reste, s’accomplit au détriment des réserves hydriques soumises à des surexploitations démesurées. Toutefois, cette situation qui paraît préoccupante n’est pas indéfiniment une fatalité. Elle nécessitera, sans doute, d’un volontarisme constant en vue de juguler cette entrave hydrique dans une région assoiffée. Le projet a double fonction, d’eau potable et d’irrigation, de la station de dessalement de l’eau de mer dans la région agricole de Chtouka en est, en fait, une belle illustration.