Médecin de formation, le Docteur Tobi Salah Eddine a fait de la peinture son propre jardin d’aveux, sa confidence et son  univers où ses rêves, ses émotions, ses préoccupations, ses réflexions cohabitent en plein symbiose. Ainsi, c’est à la galerie Nadira, à Rabat, que les passionnés de la peinture ont découvert, en mars 2015,  ses œuvres réalisées entre 1996-2015 dans le cadre d’une rétrospective. Toutefois, il n’y a pas mieux que le pinceau et la peinture pour meubler son temps en ces temps de crise sanitaire. En effet du médecin au chevet du malade à la peinture au chevet du médecin, le peintre nous dévoile ses œuvres récentes, fraichement peintes. Un réel plaisir aux yeux ! 

Par ailleurs, l’univers pictural de Tobi  est un lieu qui donne à voir et à réfléchir sur un monde marqué par les transformations, les divergences où l’homme est habité par des questions à la fois ontologiques et existentielles. Dans l’une de ses œuvres, on y aperçoit des silhouettes à peines  humaines, esquissées, enfermées et proies d’une attente interminable dévorant le temps chaotique de la vie. 

Au cœur d’une mer agitée, un navire errant est  à la quête d’un rivage serein. L’attente est le maître mot et domine la toile. Or, sur l’autre côté, une silhouette débout, sur une falaise,  face à l’immensité de l’horizon, contemple l’abîme et la joie d’une rencontre d’un couple. On dirait un tableau dans un tableau ! Ainsi, avec ses couleurs chaudes et froides (bleu foncé, jaune, marron…), la palette du peintre s’adresse à nos émotions et rêveries les  plus profondes et les plus ensommeillées dans notre inconscient. 

Sa peinture, à vrai dire, révèle d’une anthologie directe ; celle d’un peintre soufflant un vent poétique dans la toile. Tout commence  alors par une couleur, une sensation, un état d’âme particulier afin de  se transformer à un tissu visuel  de signes et de significations. De l’abstrait en passant par le figuratif, la nature morte et le paysage, le peintre, fidèle à sa démarche artistique,  nous invite non seulement à apprécier la beauté, à méditer le beau, à jouir sans entraves de sa maîtrise picturale, de sa finesse mais aussi de submerger dans les sens cachés  reposant  dans chaque relief, chaque mouvement, contraste et couleur. En d’autres termes, chacune de ses peinture à quelque chose à extérioriser, à partager avec l’œil de celui ou celle qui la médiate. «La peinture permet de regarder les choses en tant qu’elles ont été une fois contemplées avec amour », disait le poète et écrivain Paul Valéry.